Celle que je suis, Tome 1. Bingo Morihashi & Suwaru Koko

Années 80, Tokyo. Yûji Manase est étudiant. Mais il vit au quotidien avec deux secrets dont il n’a jamais parlé à personne : d’une part, les sentiments qu’il éprouve pour son ami de longue date Masaki Matsunaga, et de l’autre, le malaise qu’il ressent vis-à-vis de son corps. Un jour, Yûji pose la main sur une robe que sa sœur a laissée dans son appartement, sans savoir que cet acte allait bouleverser sa vie…

Date de sortie : 10/01/2019

Éditions : 

Prix : 8,05e en poche

À nouveau, Akata dégaine un sujet sensible et profond de sa besace pour nous offrir un manga atypique comme on aime en lire chez eux. Avec Celle que je suis, c’est un thème très délicat qui est abordé puisqu’il s’agit de l’identité genrée mais dans un contexte bien plus complexe qu’on ne pourrait le penser car l’action est située dans les années 80.

Il faut bien se remettre dans l’atmosphère de cette époque pour réaliser tout le dilemme du héros, Manase. Si de nos jours, en 2019, il est déjà très compliqué d’accepter qui on est même lorsque la situation est propice, imaginez la difficulté que cela représentait quelques décennies en arrière. Alors que l’homosexualité était majoritairement montrée du doigt comme une tare, une maladie, une déviance malsaine, la question du genre et de l’identité sexuelle restait fortement tabou.

C’est précisément cette déchirure identitaire que Yûji expérimente, seul avec ses doutes, ses interrogations et cette lutte de chaque instant de se voir devenir un homme alors qu’en son âme, il se sent femme. Encore une fois, si aujourd’hui c’est un sujet aborder plus ou moins librement par les médias, à l’époque un individu en proie à ce questionnement existentiel était isolé et savait qu’il aurait du mal à trouver quelqu’un avec qui partager ses doutes.

Tout ceci est parfaitement retranscrit dans cette histoire où nous découvrons en même temps que le héros une nouvelle évolution dans l’acceptation. L’acceptation d’être qui il est vraiment, en tout cas les prémices de cette acceptation qui sont parfaitement décrites dans ce premier tome qui introduit un personnage attachant et authentique. On le suit dans son intimité, celle où il s’autorise ce qui lui est interdit en société, une société qui n’est pas encore prête à s’ouvrir à ce qui s’apparente à un 3° sexe.

J’ai bien l’intention de poursuivre ma lecture de cette histoire dès que le prochain tome sortira, car si le cadre donné est celui des années 80, il me semble qu’à plusieurs niveaux il est encore et malheureusement d’actualité. Les réflexions induites par ce manga sont essentielles, à mon avis, et je ne suis pas étonnée qu’un éditeur tel qu’Akata les mette en avant dans cette publication qui mérite qu’on s’y attarde.

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