Loup y es-tu ? ~ Angela Behelle

Ni la pluie froide ni les travaux qui contraignent Amanda à se garer loin de son bureau n’altèrent sa bonne humeur. Pas même le fait qu’on soit lundi et que ses clients actuels soient de vrais grincheux. Rien ne saurait réellement la contrarier. Rien sauf ce coup de fil inattendu qu’elle reçoit dans la matinée. Angèle, sa grand-mère adorée, vient de faire une mauvaise chute. N’écoutant que son coeur, la jeune femme saute dans sa petite auto rouge affectueusement surnommée Titine et parcourt en vitesse les quatre cents kilomètres qui la séparent de Rouge-Fontaine, où habite sa précieuse Mamie. Rouge-Fontaine n’est qu’un hameau perdu dans une épaisse forêt. Et qui dit forêt, en région de montagne et à la nuit tombante, dit danger. Mais le plus grand péril n’est pas forcément de heurter une biche au détour d’un virage. Il y a sans doute beaucoup plus à craindre d’être secourue par un homme portant le nom de Wolf.

Date de sortie : 17/10/2018

Éditions : 

Prix : 14,90e en poche / 10,99e en numérique

En achetant les fleurs à Gérardmer, le matin, il avait redouté qu’Amanda ne les lui fasse manger. Aussi avait-il évité de prendre des roses.

Angela Behelle est une auteure qui, lorsqu’elle sort un nouveau titre, m’assure de passer un excellent moment. Une valeur sûre que j’achète les yeux fermés ou presque : ce serait dommage de ne pas profiter de la jolie couverture dont ce conte revisité bénéficie.

En effet, Pygmalion lance cette collection de réécriture des classiques de notre enfances et Angela a ouvert le bal avec cette version du petit chaperon rouge qui lui est très personnelle.

J’ai adoré retrouver son écriture. Quel que soit le genre dans lequel elle sévit, nous retrouvons toujours son style reconnaissable qui a fait ses preuves de l’érotique à la romance légère en passant par le suspense. Elle le dit dans sa présentation et quand on la lit depuis quelques années comme moi on la croit sans peine : elle est beaucoup de femmes à la fois, ses écrits en sont témoins pour notre plus grand plaisir.

Dans son interprétation du petit chaperon rouge, elle joue avec les codes du conte et dissémine des indices et références tout au long du texte. C’est amusant de les repérer et de reconstruire l’histoire originale à travers ses héros ! Je me suis particulièrement attachée à la grand-mère, d’ailleurs, Angèle, qui nous est décrite comme une Miss Marple vosgienne qu’on aimerait pouvoir soi-même appeler “mamie”. La relation qu’elle et Amanda, l’héroïne, partagent est complice, fusionnelle et très amusante à observer.

Maxime Wolf est quant à lui une excellente personnification du grand méchant loup qui traque sa proie en usant de stratagèmes subtils (et parfois moins subtils, avouons-le). La dynamique de ces deux protagoniste est basée sur des dialogues ping-pong où des traits d’humour se glissent au fil des pages, extrêmement bien dosés, et donnent à leur relation un côté rafraîchissant qui m’a particulièrement séduite.

En bref, ce roman se lit vite et bien, car la plume d’Angela a ce “je ne sais quoi” qui vous donne l’impression qu’elle est à côté de vous en train de vous raconter son histoire. Ce qui tombe plutôt bien lorsqu’il s’agit d’une réécriture de conte ! Petit bonus de l’éditeur : les deux versions classiques du petit chaperon rouge sont intégrées à la fin du livre.

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